{"id":2739,"date":"2026-07-15T12:04:00","date_gmt":"2026-07-15T10:04:00","guid":{"rendered":"https:\/\/selftherapie.com\/?post_type=blog&#038;p=2739"},"modified":"2026-07-15T13:01:24","modified_gmt":"2026-07-15T13:01:24","slug":"neurobiologie-du-trauma-processus-en-jeu","status":"publish","type":"blog","link":"https:\/\/selftherapie.com\/en\/blog\/neurobiologie-du-trauma-processus-en-jeu\/","title":{"rendered":"Neurobiologie du trauma : comprendre les processus en jeu"},"content":{"rendered":"<p class=\"chapo\" style=\"font-size: 1.08em; line-height: 1.6; color: #333; border-left: 4px solid #2E75B6; padding-left: 16px; margin-bottom: 28px;\"><em>\u00c0 para\u00eetre le 14 octobre, <a href=\"https:\/\/www.editions-quantum-way.com\/product\/intelligence-relationnelle\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Intelligence Relationnelle. Pour un engagement th\u00e9rapeutique conscient au service de la gu\u00e9rison des traumatismes<\/a>, du Dr Fran\u00e7ois Le Doze (\u00c9ditions Quantum Way), propose une mani\u00e8re nouvelle de comprendre et d&rsquo;accompagner les blessures traumatiques profondes et la dissociation traumatique.<\/em><\/p>\n<p>La psychoth\u00e9rapie s&rsquo;est longtemps construite \u00e0 partir de l&rsquo;observation clinique : les sympt\u00f4mes, les r\u00e9cits, les conflits internes, les \u00e9motions, les comportements et les r\u00e9p\u00e9titions relationnelles. Cette approche demeure indispensable. Mais les recherches contemporaines sur le trauma ont ajout\u00e9 une autre dimension : elles permettent de mieux comprendre comment les exp\u00e9riences d&rsquo;ins\u00e9curit\u00e9 s&rsquo;inscrivent dans le corps, le syst\u00e8me nerveux, la m\u00e9moire et les r\u00e9ponses d\u00e9fensives.<\/p>\n<p>Le mod\u00e8le Intelligence Relationnelle\u00ae s&rsquo;inscrit dans cette \u00e9volution. Elle peut \u00eatre dite \u00ab neurobiologique \u00bb en ce sens qu&rsquo;elle tient compte des \u00e9tats du syst\u00e8me nerveux, de la m\u00e9moire corporelle, des r\u00e9ponses de d\u00e9fense et de la r\u00e9gulation relationnelle. Cela ne signifie pas qu&rsquo;elle r\u00e9duise l&rsquo;esprit au cerveau, ni qu&rsquo;elle pr\u00e9tende d\u00e9duire toute la psychoth\u00e9rapie des neurosciences. Il s&rsquo;agit plut\u00f4t de reconna\u00eetre que l&rsquo;exp\u00e9rience psychique s&rsquo;incarne dans un organisme vivant, relationnel, et que le changement th\u00e9rapeutique suppose souvent une transformation v\u00e9cue, corporelle et relationnelle, et non seulement une compr\u00e9hension intellectuelle.<\/p>\n<h2>De la description clinique aux processus de r\u00e9gulation<\/h2>\n<p>Pendant longtemps, les effets du trauma ont surtout \u00e9t\u00e9 d\u00e9crits \u00e0 partir de leurs manifestations visibles : cauchemars, reviviscences, \u00e9vitement, hypervigilance, honte, retrait, r\u00e9actions disproportionn\u00e9es, sentiment de menace permanente. Ces descriptions restent essentielles, car elles donnent acc\u00e8s \u00e0 l&rsquo;exp\u00e9rience v\u00e9cue du patient.<\/p>\n<p>Les recherches neurobiologiques ont toutefois permis d&rsquo;ajouter une autre lecture. Elles montrent que le trauma n&rsquo;est pas seulement un \u00e9v\u00e9nement pass\u00e9 dont on se souvient douloureusement. Il peut devenir une organisation durable du syst\u00e8me nerveux : une mani\u00e8re pour le corps et la psych\u00e9 de rester pr\u00e9par\u00e9s \u00e0 un danger, m\u00eame lorsque celui-ci n&rsquo;est plus pr\u00e9sent. Cette compr\u00e9hension est au c\u0153ur des travaux contemporains sur le stress, l&rsquo;allostasie et les effets durables de l&rsquo;exposition traumatique, notamment ceux de Bruce McEwen sur les effets protecteurs et d\u00e9l\u00e9t\u00e8res des m\u00e9diateurs du stress (McEwen, 1998).<\/p>\n<p>Cette compr\u00e9hension change la mani\u00e8re de penser le soin. Il ne s&rsquo;agit plus seulement d&rsquo;aider la personne \u00e0 raconter autrement ce qui lui est arriv\u00e9, ni de corriger des pens\u00e9es devenues inadapt\u00e9es. Il s&rsquo;agit aussi d&rsquo;aider son syst\u00e8me nerveux \u00e0 retrouver, dans le pr\u00e9sent, des conditions de s\u00e9curit\u00e9 suffisantes pour que les r\u00e9ponses d\u00e9fensives anciennes puissent se modifier.<\/p>\n<h2>Premier axe : le cerveau et la m\u00e9moire peuvent se modifier<\/h2>\n<figure class=\"alignleft\" style=\"width: 48%; max-width: 460px; float: left; margin: 6px 24px 16px 0;\"><img decoding=\"async\" style=\"width: 100%; height: auto; border-radius: 6px;\" src=\"https:\/\/selftherapie.com\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/a4_1.jpg\" alt=\"Repr\u00e9sentation d'un r\u00e9seau neuronal, \u00e9voquant la plasticit\u00e9 du cerveau et la m\u00e9moire\" \/><\/figure>\n<p>Le cerveau adulte n&rsquo;est pas un organe fig\u00e9. Il se transforme en fonction de l&rsquo;exp\u00e9rience : certaines connexions se renforcent, d&rsquo;autres s&rsquo;affaiblissent, des circuits se r\u00e9organisent. Les travaux d&rsquo;Eric Kandel ont largement contribu\u00e9 \u00e0 montrer que la m\u00e9moire et l&rsquo;apprentissage reposent sur des modifications biologiques durables des connexions synaptiques (Kandel, 2001). Cette plasticit\u00e9 constitue l&rsquo;un des fondements g\u00e9n\u00e9raux de tout changement durable.<\/p>\n<p>Pour la psychoth\u00e9rapie du trauma, cette donn\u00e9e est essentielle, mais elle doit \u00eatre comprise avec prudence. La plasticit\u00e9 ne signifie pas que toute m\u00e9moire traumatique peut \u00eatre effac\u00e9e, ni qu&rsquo;une transformation profonde se produit automatiquement d\u00e8s qu&rsquo;une personne comprend ce qui lui est arriv\u00e9. Elle indique plut\u00f4t que le syst\u00e8me nerveux peut \u00eatre modifi\u00e9 par de nouvelles exp\u00e9riences suffisamment significatives.<\/p>\n<p>Les recherches sur la reconsolidation de la m\u00e9moire ont pr\u00e9cis\u00e9 cette perspective. En 2000, Karim Nader, Glenn Schafe et Joseph LeDoux ont montr\u00e9, dans une \u00e9tude publi\u00e9e dans <em>Nature<\/em>, qu&rsquo;un souvenir de peur r\u00e9activ\u00e9 pouvait redevenir temporairement labile avant de se restabiliser (Nader, Schafe, &amp; LeDoux, 2000). Pour la psychoth\u00e9rapie, l&rsquo;enjeu n&rsquo;est donc pas seulement de se souvenir du pass\u00e9, mais de permettre au syst\u00e8me nerveux de rencontrer, dans le pr\u00e9sent, une exp\u00e9rience suffisamment diff\u00e9rente pour modifier la signification actuelle d&rsquo;un apprentissage ancien.<\/p>\n<p>Il faut cependant rester prudent. La reconsolidation n&rsquo;autorise pas \u00e0 promettre l&rsquo;effacement d&rsquo;un souvenir ni la disparition automatique d&rsquo;un sympt\u00f4me. Elle offre plut\u00f4t un cadre pour penser certains changements profonds : lorsque l&rsquo;exp\u00e9rience pr\u00e9sente ne confirme plus l&rsquo;attente implicite issue du pass\u00e9, le syst\u00e8me peut commencer \u00e0 mettre \u00e0 jour ce qu&rsquo;il tenait jusque-l\u00e0 pour n\u00e9cessaire \u00e0 sa survie. Bruce Ecker, Robin Ticic et Laurel Hulley ont propos\u00e9 une application clinique de cette logique dans le champ de la psychoth\u00e9rapie transformative, en insistant sur le r\u00f4le de l&rsquo;exp\u00e9rience de non-confirmation dans la modification d&rsquo;apprentissages \u00e9motionnels implicites (Ecker, Ticic, &amp; Hulley, 2024).<\/p>\n<p>Dans l&rsquo;IR, cette mise \u00e0 jour passe souvent par la relation. Une part du syst\u00e8me nerveux attend l&rsquo;absence, l&rsquo;intrusion, la menace, l&rsquo;abandon, la honte ou l&rsquo;effondrement. Lorsque la relation th\u00e9rapeutique, suffisamment ajust\u00e9e, ne confirme pas ces attentes anciennes, une exp\u00e9rience nouvelle peut devenir possible. Ce n&rsquo;est pas un simple discours qui transforme l&rsquo;organisation traumatique, mais une exp\u00e9rience v\u00e9cue de s\u00e9curit\u00e9 diff\u00e9rente.<\/p>\n<div style=\"clear: both;\"><\/div>\n<h2>Deuxi\u00e8me axe : le syst\u00e8me nerveux autonome organise les r\u00e9ponses d\u00e9fensives<\/h2>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Le syst\u00e8me nerveux autonome r\u00e9gule les fonctions vitales et participe \u00e0 nos \u00e9tats d&rsquo;alerte, de mobilisation, de retrait ou d&rsquo;immobilisation. Dans les situations de danger, il organise des r\u00e9ponses de protection : se mobiliser, fuir, se d\u00e9fendre, se figer, se couper ou s&rsquo;effondrer. Les travaux de Joseph LeDoux sur les circuits de la peur ont contribu\u00e9 \u00e0 mieux comprendre comment les r\u00e9ponses de menace peuvent s&rsquo;organiser en dehors du contr\u00f4le volontaire et du langage conscient (LeDoux, 1996).<\/p>\n<p>Comprendre le trauma \u00e0 partir du syst\u00e8me nerveux autonome permet de d\u00e9placer le regard. Certaines r\u00e9actions ne rel\u00e8vent pas d&rsquo;un simple manque de volont\u00e9 ou d&rsquo;une pens\u00e9e irrationnelle. Elles correspondent \u00e0 des \u00e9tats physiologiques dans lesquels le corps continue de fonctionner comme si la s\u00e9curit\u00e9 n&rsquo;\u00e9tait pas acquise.<\/p>\n<p>L&rsquo;Intelligence Relationnelle\u00ae accorde une importance centrale \u00e0 ces \u00e9tats. Elle cherche \u00e0 rep\u00e9rer comment le syst\u00e8me nerveux du patient s&rsquo;organise dans la relation : peut-il rester pr\u00e9sent ? peut-il recevoir le lien ? se mobilise-t-il trop vite ? se retire-t-il ? s&rsquo;effondre-t-il ? attaque-t-il pour se prot\u00e9ger ? Ces questions ne sont pas seulement descriptives. Elles orientent l&rsquo;ajustement th\u00e9rapeutique.<\/p>\n<p>La th\u00e9orie polyvagale de Stephen Porges a propos\u00e9 une lecture clinique influente de ces \u00e9tats autonomes, notamment en articulant s\u00e9curit\u00e9, engagement social, mobilisation et immobilisation (Porges, 2011). Certains aspects de cette th\u00e9orie sont aujourd&rsquo;hui discut\u00e9s dans la communaut\u00e9 scientifique, en particulier sur le plan phylog\u00e9n\u00e9tique et neuroanatomique. Mais l&rsquo;int\u00e9r\u00eat clinique du rep\u00e9rage des \u00e9tats du syst\u00e8me nerveux autonome demeure : il permet de comprendre que le patient ne peut pas toujours acc\u00e9der \u00e0 la parole, \u00e0 la r\u00e9flexion ou au lien tant que son organisme reste organis\u00e9 autour du danger.<\/p>\n<div style=\"clear: both;\"><\/div>\n<h2>Troisi\u00e8me axe : la relation th\u00e9rapeutique comme condition de r\u00e9gulation<\/h2>\n<p>Le cerveau dont il est question dans l&rsquo;IR n&rsquo;est jamais un cerveau isol\u00e9. Il s&rsquo;est construit dans le lien, dans l&rsquo;attachement, dans les exp\u00e9riences de pr\u00e9sence, d&rsquo;absence, d&rsquo;accordage ou de rupture. D\u00e8s les premi\u00e8res exp\u00e9riences de la vie, la s\u00e9curit\u00e9 int\u00e9rieure se d\u00e9veloppe dans la relation \u00e0 des figures d&rsquo;attachement suffisamment disponibles, pr\u00e9visibles et r\u00e9gul\u00e9es. Cette perspective rejoint les approches contemporaines du trauma qui soulignent l&rsquo;inscription corporelle et relationnelle des exp\u00e9riences traumatiques, comme l&rsquo;a notamment popularis\u00e9 Bessel van der Kolk dans <em>Le corps n&rsquo;oublie rien<\/em> (Van der Kolk, 2014).<\/p>\n<p>C&rsquo;est pourquoi l&rsquo;Intelligence Relationnelle\u00ae ne s\u00e9pare pas les processus neurobiologiques de la relation. Lorsque l&rsquo;ins\u00e9curit\u00e9 a \u00e9t\u00e9 relationnelle, la restauration de la s\u00e9curit\u00e9 ne peut pas toujours venir de la seule autor\u00e9gulation. Elle peut n\u00e9cessiter une exp\u00e9rience relationnelle nouvelle, dans laquelle le patient \u00e9prouve qu&rsquo;un autre peut \u00eatre pr\u00e9sent sans envahir, engag\u00e9 sans contr\u00f4ler, attentif sans dispara\u00eetre.<\/p>\n<p>Dans cette perspective, la relation th\u00e9rapeutique n&rsquo;est pas seulement un cadre ou un soutien moral. Elle devient un levier de r\u00e9gulation. Par son Engagement Th\u00e9rapeutique Conscient, le th\u00e9rapeute ajuste sa pr\u00e9sence, son rythme, sa parole et son attention \u00e0 ce que le patient peut r\u00e9ellement recevoir. Il aide ainsi \u00e0 cr\u00e9er les conditions dans lesquelles le syst\u00e8me nerveux peut sortir progressivement de ses r\u00e9ponses d\u00e9fensives automatiques.<\/p>\n<p>Ce travail ne consiste pas \u00e0 pousser la personne \u00e0 revivre le trauma, ni \u00e0 la convaincre rationnellement que le danger est pass\u00e9. Il s&rsquo;agit plut\u00f4t de permettre une exp\u00e9rience diff\u00e9rente : une s\u00e9curit\u00e9 suffisamment stable pour que le corps, la m\u00e9moire et la relation ne confirment plus l&rsquo;ancien danger.<\/p>\n<div style=\"clear: both;\"><\/div>\n<h2>Respecter l&rsquo;ordre du syst\u00e8me nerveux<\/h2>\n<figure class=\"alignleft\" style=\"width: 48%; max-width: 460px; float: left; margin: 6px 24px 16px 0;\"><img decoding=\"async\" style=\"width: 100%; height: auto; border-radius: 6px;\" src=\"https:\/\/selftherapie.com\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/a4_4.jpg\" alt=\"Personne aux yeux ferm\u00e9s, attentive \u00e0 sa respiration et \u00e0 ses sensations corporelles\" \/><\/figure>\n<p>L&rsquo;IR accorde une grande importance \u00e0 la hi\u00e9rarchie fonctionnelle du syst\u00e8me nerveux. Lorsque les r\u00e9ponses de d\u00e9fense sont fortement activ\u00e9es, les capacit\u00e9s r\u00e9flexives, langagi\u00e8res ou m\u00e9tacognitives peuvent devenir partiellement indisponibles. Une personne peut savoir rationnellement qu&rsquo;elle n&rsquo;est pas en danger et sentir pourtant, dans son corps, que le danger est l\u00e0.<\/p>\n<p>Cette dissociation traumatique entre compr\u00e9hension cognitive et \u00e9tat corporel est fr\u00e9quente. Elle explique pourquoi certaines interventions fond\u00e9es uniquement sur la r\u00e9flexion, l&rsquo;explication ou la volont\u00e9 restent insuffisantes. Avant de pouvoir mobiliser pleinement les ressources de la conscience r\u00e9flexive, il faut souvent rejoindre les niveaux plus automatiques de l&rsquo;exp\u00e9rience : le corps, le rythme, la respiration, l&rsquo;orientation, le regard, le tonus, la proximit\u00e9 ou la distance relationnelle.<\/p>\n<p>La psychoth\u00e9rapie neurobiologique, telle que l&rsquo;entend l&rsquo;IR, ne consiste donc pas \u00e0 remplacer la parole par le corps. Elle consiste \u00e0 respecter l&rsquo;ordre dans lequel le syst\u00e8me nerveux peut r\u00e9ellement int\u00e9grer l&rsquo;exp\u00e9rience. Parfois, les mots viennent apr\u00e8s la s\u00e9curit\u00e9. Parfois, la compr\u00e9hension devient possible seulement lorsque le corps n&rsquo;est plus enti\u00e8rement mobilis\u00e9 par la d\u00e9fense.<\/p>\n<div style=\"clear: both;\"><\/div>\n<h2>Une psychoth\u00e9rapie neurobiologique et relationnelle<\/h2>\n<p>Prendre au s\u00e9rieux les processus neurobiologiques ne conduit pas \u00e0 d\u00e9shumaniser la psychoth\u00e9rapie. Au contraire, cela permet de mieux comprendre pourquoi la relation est si centrale. Le traumatisme s&rsquo;inscrit dans le corps et dans le syst\u00e8me nerveux, mais ce corps et ce syst\u00e8me nerveux sont eux-m\u00eames fa\u00e7onn\u00e9s par l&rsquo;histoire relationnelle de la personne.<\/p>\n<p>C&rsquo;est pourquoi l&rsquo;IR articule constamment le biologique et le relationnel. Elle ne consid\u00e8re pas le cerveau comme un organe isol\u00e9 qu&rsquo;il faudrait r\u00e9parer de l&rsquo;ext\u00e9rieur. Elle consid\u00e8re le syst\u00e8me nerveux comme un syst\u00e8me vivant, engag\u00e9 dans la relation, capable de protection, de d\u00e9fense, de fermeture, mais aussi de r\u00e9organisation lorsque les conditions de s\u00e9curit\u00e9 deviennent suffisantes.<\/p>\n<p><em>Intelligence relationnelle. Pour un engagement th\u00e9rapeutique conscient au service de la gu\u00e9rison des traumatismes<\/em> d\u00e9veloppe cette perspective : une psychoth\u00e9rapie qui articule corps, m\u00e9moire, syst\u00e8me nerveux, attachement et relation, afin d&rsquo;accompagner les blessures traumatiques non seulement comme des r\u00e9cits douloureux, mais comme des organisations vivantes susceptibles de transformation.<\/p>\n<h2>Questions fr\u00e9quentes<\/h2>\n<div class=\"ir-faq\" style=\"margin: 24px 0;\">\n<div style=\"border: 1px solid #e4e4e4; border-radius: 8px; padding: 16px 18px; margin-bottom: 12px; background: #fbfbfb;\">\n<h3 style=\"margin: 0 0 8px; font-size: 1.05em; color: #2e75b6;\">Qu&rsquo;est-ce qu&rsquo;une psychoth\u00e9rapie neurobiologique ?<\/h3>\n<p style=\"margin: 0;\">C&rsquo;est une approche qui tient compte des \u00e9tats du syst\u00e8me nerveux, de la m\u00e9moire corporelle, des r\u00e9ponses de d\u00e9fense et de la r\u00e9gulation relationnelle. Elle ne r\u00e9duit pas l&rsquo;esprit au cerveau et ne pr\u00e9tend pas d\u00e9duire toute la psychoth\u00e9rapie des neurosciences. Elle reconna\u00eet que l&rsquo;exp\u00e9rience psychique s&rsquo;incarne dans un organisme vivant et relationnel, et que le changement suppose souvent une transformation v\u00e9cue, et non seulement une compr\u00e9hension intellectuelle.<\/p>\n<\/div>\n<div style=\"border: 1px solid #e4e4e4; border-radius: 8px; padding: 16px 18px; margin-bottom: 12px; background: #fbfbfb;\">\n<h3 style=\"margin: 0 0 8px; font-size: 1.05em; color: #2e75b6;\">Qu&rsquo;est-ce que la reconsolidation de la m\u00e9moire ?<\/h3>\n<p style=\"margin: 0;\">En 2000, Karim Nader, Glenn Schafe et Joseph LeDoux ont montr\u00e9 dans <em>Nature<\/em> qu&rsquo;un souvenir de peur r\u00e9activ\u00e9 pouvait redevenir temporairement labile avant de se restabiliser. Cette d\u00e9couverte n&rsquo;autorise pas \u00e0 promettre l&rsquo;effacement d&rsquo;un souvenir : elle offre un cadre pour penser certains changements profonds, lorsque l&rsquo;exp\u00e9rience pr\u00e9sente ne confirme plus l&rsquo;attente implicite issue du pass\u00e9.<\/p>\n<\/div>\n<div style=\"border: 1px solid #e4e4e4; border-radius: 8px; padding: 16px 18px; margin-bottom: 12px; background: #fbfbfb;\">\n<h3 style=\"margin: 0 0 8px; font-size: 1.05em; color: #2e75b6;\">La th\u00e9orie polyvagale est-elle scientifiquement valid\u00e9e ?<\/h3>\n<p style=\"margin: 0;\">La th\u00e9orie polyvagale de Stephen Porges a propos\u00e9 une lecture clinique influente des \u00e9tats autonomes. Certains de ses aspects sont aujourd&rsquo;hui discut\u00e9s dans la communaut\u00e9 scientifique, en particulier sur le plan phylog\u00e9n\u00e9tique et neuroanatomique. L&rsquo;int\u00e9r\u00eat clinique du rep\u00e9rage des \u00e9tats du syst\u00e8me nerveux autonome demeure toutefois entier.<\/p>\n<\/div>\n<div style=\"border: 1px solid #e4e4e4; border-radius: 8px; padding: 16px 18px; margin-bottom: 12px; background: #fbfbfb;\">\n<h3 style=\"margin: 0 0 8px; font-size: 1.05em; color: #2e75b6;\">Pourquoi comprendre son trauma ne suffit-il pas toujours \u00e0 gu\u00e9rir ?<\/h3>\n<p style=\"margin: 0;\">Parce que lorsque les r\u00e9ponses de d\u00e9fense sont fortement activ\u00e9es, les capacit\u00e9s r\u00e9flexives, langagi\u00e8res ou m\u00e9tacognitives deviennent partiellement indisponibles. Une personne peut savoir rationnellement qu&rsquo;elle n&rsquo;est pas en danger et sentir pourtant, dans son corps, que le danger est l\u00e0. Il faut souvent rejoindre d&rsquo;abord les niveaux plus automatiques de l&rsquo;exp\u00e9rience : le corps, le rythme, la respiration, la proximit\u00e9 relationnelle.<\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n<div style=\"clear: both;\"><\/div>\n<div class=\"ir-maillage\" style=\"margin: 32px 0; padding: 22px 24px; border-left: 4px solid #2E75B6; background: #f4f8fc; border-radius: 0 8px 8px 0;\">\n<p style=\"margin: 0 0 14px; font-weight: bold; font-size: 1.05em;\">\u00c0 lire aussi dans cette s\u00e9rie<\/p>\n<ul style=\"margin: 0; padding: 0; list-style: none;\">\n<li style=\"margin: 0 0 10px; padding-left: 18px; position: relative;\"><span style=\"position: absolute; left: 0; color: #2e75b6;\">\u203a<\/span><a style=\"color: #2e75b6; text-decoration: none; font-weight: 600;\" href=\"https:\/\/selftherapie.com\/en\/?p=2738\">Trauma et corps : une nouvelle compr\u00e9hension en psychoth\u00e9rapie<\/a><\/li>\n<li style=\"margin: 0 0 10px; padding-left: 18px; position: relative;\"><span style=\"position: absolute; left: 0; color: #2e75b6;\">\u203a<\/span><a style=\"color: #2e75b6; text-decoration: none; font-weight: 600;\" href=\"https:\/\/selftherapie.com\/en\/?p=2752\">La Th\u00e9orie Polyvagale en IR : s\u00e9curit\u00e9, syst\u00e8me nerveux autonome et cor\u00e9gulation<\/a><\/li>\n<li style=\"margin: 0 0 10px; padding-left: 18px; position: relative;\"><span style=\"position: absolute; left: 0; color: #2e75b6;\">\u203a<\/span><a style=\"color: #2e75b6; text-decoration: none; font-weight: 600;\" href=\"https:\/\/selftherapie.com\/en\/?p=2748\">Dissociation traumatique : articuler r\u00e9gulation du SNA et m\u00e9tacognition<\/a><\/li>\n<\/ul>\n<\/div>\n<div class=\"ir-offres\" style=\"margin: 36px 0 12px; padding: 28px; border: 1px solid #e2e2e2; border-radius: 12px; background: #fafafa;\">\n<h2 style=\"margin-top: 0; border: 0;\">Pour aller plus loin<\/h2>\n<div style=\"display: flex; gap: 22px; align-items: flex-start; flex-wrap: wrap; padding-bottom: 22px; border-bottom: 1px solid #e6e6e6;\">\n<div style=\"flex: 0 0 130px; text-align: center;\"><a href=\"https:\/\/www.editions-quantum-way.com\/product\/intelligence-relationnelle\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img decoding=\"async\" style=\"max-width: 130px; height: auto; border-radius: 4px; box-shadow: 0 4px 14px rgba(0,0,0,.15);\" src=\"https:\/\/selftherapie.com\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/Intelligence_3D.png\" alt=\"Couverture du livre Intelligence Relationnelle du Dr Fran\u00e7ois Le Doze\" \/><\/a><\/div>\n<div style=\"flex: 1; min-width: 320px;\">\n<p style=\"margin: 0 0 6px; font-weight: bold;\">Cette lecture vous parle ?<\/p>\n<p style=\"margin: 0 0 12px; color: #555;\">Le livre <em>Intelligence Relationnelle. Pour un engagement th\u00e9rapeutique conscient au service de la gu\u00e9rison des traumatismes<\/em> (sortie le 14 octobre) d\u00e9veloppe le mod\u00e8le en d\u00e9tail.<\/p>\n<div style=\"display: flex; align-items: center; gap: 12px; flex-wrap: wrap;\"><a style=\"display: inline-block; padding: 11px 20px; background: #2E75B6; color: #fff; text-decoration: none; border-radius: 6px; font-weight: bold; white-space: nowrap;\" href=\"https:\/\/www.editions-quantum-way.com\/product\/intelligence-relationnelle\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Pr\u00e9-commandez-le ici<\/a><span style=\"color: #777; font-style: italic;\">or<\/span><a style=\"display: inline-block; padding: 11px 20px; background: #FF9900; color: #111; text-decoration: none; border-radius: 6px; font-weight: bold; white-space: nowrap;\" href=\"https:\/\/amzn.to\/4efOHAc\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Commander sur Amazon<\/a><\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<div style=\"display: flex; gap: 22px; align-items: flex-start; flex-wrap: wrap; padding: 22px 0; border-bottom: 1px solid #e6e6e6;\">\n<div style=\"flex: 0 0 130px; text-align: center;\"><a href=\"https:\/\/www.editions-quantum-way.com\/product\/ce-nest-pas-toi-le-probleme\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img decoding=\"async\" style=\"max-width: 130px; height: auto; border-radius: 4px; box-shadow: 0 4px 14px rgba(0,0,0,.15);\" src=\"https:\/\/selftherapie.com\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/Toi_le_probleme.png\" alt=\"Couverture de la bande dessin\u00e9e Ce n'est pas toi le probl\u00e8me de Lise Desportes\" \/><\/a><\/div>\n<div style=\"flex: 1; min-width: 320px;\">\n<p style=\"margin: 0 0 6px; font-weight: bold;\">Vous cherchez un support simple pour introduire ces notions \u00e0 vos patients ?<\/p>\n<p style=\"margin: 0 0 12px; color: #555;\"><em>Ce n&rsquo;est pas toi le probl\u00e8me<\/em>, la BD de Lise Desportes pr\u00e9fac\u00e9e par Fran\u00e7ois Le Doze (sortie le 26 ao\u00fbt), rend ces concepts accessibles.<\/p>\n<p><a style=\"display: inline-block; margin: 4px 0; padding: 11px 20px; background: #2E75B6; color: #fff; text-decoration: none; border-radius: 6px; font-weight: bold;\" href=\"https:\/\/www.editions-quantum-way.com\/product\/ce-nest-pas-toi-le-probleme\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Commandez la BD<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n<div style=\"padding-top: 22px;\">\n<p style=\"margin: 0 0 12px; font-weight: bold;\">Vous \u00eates praticien et souhaitez vous former \u00e0 l&rsquo;Intelligence Relationnelle\u00ae ?<\/p>\n<p><a style=\"display: inline-block; padding: 11px 20px; background: #2E75B6; color: #fff; text-decoration: none; border-radius: 6px; font-weight: bold;\" href=\"https:\/\/selftherapie.com\/en\/les-formations\/\">D\u00e9couvrir les formations<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n<h2>R\u00e9f\u00e9rences<\/h2>\n<div class=\"ir-references\" style=\"font-size: .94em; line-height: 1.7; color: #444;\">\n<p style=\"margin: 0 0 10px; padding-left: 28px; text-indent: -28px;\">Ecker, B., Ticic, R., &amp; Hulley, L. (2024). <em>Unlocking the Emotional Brain: Memory Reconsolidation and the Psychotherapy of Transformational Change<\/em> (2<sup>e<\/sup> \u00e9d.). Routledge.<\/p>\n<p style=\"margin: 0 0 10px; padding-left: 28px; text-indent: -28px;\">Kandel, E. R. (2001). The molecular biology of memory storage: A dialogue between genes and synapses. <em>Science, 294<\/em>(5544), 1030\u20131038. <a href=\"https:\/\/doi.org\/10.1126\/science.1067020\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">https:\/\/doi.org\/10.1126\/science.1067020<\/a><\/p>\n<p style=\"margin: 0 0 10px; padding-left: 28px; text-indent: -28px;\">LeDoux, J. E. (1996). <em>The Emotional Brain: The Mysterious Underpinnings of Emotional Life<\/em>. Simon &amp; Schuster.<\/p>\n<p style=\"margin: 0 0 10px; padding-left: 28px; text-indent: -28px;\">McEwen, B. S. (1998). Protective and damaging effects of stress mediators. <em>The New England Journal of Medicine, 338<\/em>(3), 171\u2013179. <a href=\"https:\/\/doi.org\/10.1056\/NEJM199801153380307\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">https:\/\/doi.org\/10.1056\/NEJM199801153380307<\/a><\/p>\n<p style=\"margin: 0 0 10px; padding-left: 28px; text-indent: -28px;\">Nader, K., Schafe, G. E., &amp; LeDoux, J. E. (2000). Fear memories require protein synthesis in the amygdala for reconsolidation after retrieval. <em>Nature, 406<\/em>(6797), 722\u2013726. <a href=\"https:\/\/doi.org\/10.1038\/35021052\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">https:\/\/doi.org\/10.1038\/35021052<\/a><\/p>\n<p style=\"margin: 0 0 10px; padding-left: 28px; text-indent: -28px;\">Porges, S. W. (2011). <em>The Polyvagal Theory: Neurophysiological Foundations of Emotions, Attachment, Communication, and Self-Regulation<\/em>. W. W. Norton.<\/p>\n<p style=\"margin: 0 0 10px; padding-left: 28px; text-indent: -28px;\">Van der Kolk, B. A. (2014). <em>The Body Keeps the Score: Brain, Mind, and Body in the Healing of Trauma<\/em>. Viking. (\u00c9dition fran\u00e7aise : <em>Le corps n&rsquo;oublie rien<\/em>, Albin Michel, 2018.)<\/p>\n<\/div>","protected":false},"featured_media":21375,"template":"","class_list":["post-2739","blog","type-blog","status-publish","has-post-thumbnail","hentry","wpbf-post"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/selftherapie.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/blog\/2739","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/selftherapie.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/blog"}],"about":[{"href":"https:\/\/selftherapie.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/types\/blog"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/selftherapie.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=2739"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}